Toujours pour la première fois by André Breton

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Always for the first time
It’s barely if I know you by sight
You come home at a certain hour at night to a house oblique to my window
House all imaginary
It’s there that from one second to another
In the intact black
I expect to appear once more the fascinating rupture
the only rupture
Of the facade and it my heart
The more I get closer to you
in reality
The more the key sings to the door of the unknown room
Where you appear to me lonely
You are first entirely melted in the sparkling
The fugitive angle of a curtain
It’s a field of jasmine I contemplated at dawn on a road around Graz
With its female pickers in diagonals
Behind them the dark falling wing of the stripped plants
Before them the bracket of the dazzling
The curtain invisibly lifted
The return in a flurry of the flowers
It is you at grips with this too long hour never dim enough to sleep
You as if you could be
The same but for that I might never meet you
You pretend not knowing that I’m watching you
Miraculously I’m no longer sure that you know
Your idleness fills my eyes with tears
A cloud of interpretations surround all of your movements
It’s a hunt for the honey-colored
There are rocking-chairs on a bridge there are branches that might scratch you in the forest
There’s in a window on rue Notre-Dame-de-Lorette
Two beautiful crossed legs captured in low stockings
That flare themselves in the center of a big clover
There is a staircase of silk unfurled on the ivy
There is
But for me to lean on the precipice and out of your absence
I’ve found the secret
Of loving you
Always for the first time.

 

tr. Alexandre Rodallec

 

Toujours pour la première fois
C’est à peine si je te connais de vue
Tu rentres à telle heure de la nuit dans une maison oblique à ma fenêtre
Maison tout imaginaire
C’est là que d’une seconde à l’autre
Dans le noir intact
Je m’attends à ce que se produise une fois de plus la déchirure fascinante
La déchirure unique
De la façade et se mon cœur
Plus je m’approche de toi
En réalité
Plus la clé chante à la porte de la chambre inconnue
Où tu m’apparais seule
Tu es d’abord tout entière fondue dans le brillant
L’angle fugitif d’un rideau
C’est un champ de jasmin que j’ai contemplé à l’aube sur une route des environs de Grasse
Avec ses cueilleuses en diagonale
Derrière elles l’aile sombre tombante des plants dégarnis
Devant elles l’équerre de l’éblouissant
Le rideau invisiblement soulevé
Rentrent en tumulte toutes les fleurs
C’est toi aux prises avec cette heure trop longue jamais assez trouble jusqu’au sommeil
Toi comme si tu pouvais être
La même à cela près que je ne te rencontrerai peut-être jamais
Tu fais semblant de ne pas savoir que je t’observe
Merveilleusement je ne suis plus sûr que tu le sais
Ton désœuvrement m’emplit lex yeux de larmes
Une nuée d’interprétations entoure chacun de tes gestes
C’est une chasse à la miellée
Il y a des rocking-chairs sur un pont il y a des branchages qui risquent de t’égratigner dans la forét
Il y a dans une vitrine run Notre-Dame-de-Lorette
Deux belles jambes croisées prises dans de hauts bas
Qui s’évasent au centre d’un grand trèfle blanc
Il y a une échelle de soie déroulée sur le lierre
Il y a
Qu’à me pencher sur le précipice et de ton absence
J’ai trouvé le secret
De t’aimer
Toujours pour le première fois

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